jeudi 4 octobre 2012

13-21

Voici un récapitulatif des différents 13-21 rencontrés dans ma recherche. Du moins de ceux dont j’ai pu me rappeler, soit déjà 83 en quelques jours, ou 80 puisque les premiers cas n'ont qu'un rapport éloigné avec 13-21, mais ma première obsession pour 1231 devait être mentionnée. Le critère essentiel est donc la présence parallèle de 13 et 21, excluant les cas où la suite de Fibonacci est convoquée, sauf lorsque 13 et 21 sont privilégiés parmi les autres nombres de la suite (ainsi sont refusés tous les 8-13 dont la somme est pourtant 21) La triade privilégiée est donc 13-21-34, mais il arrive que 13 et 21 ne puissent être additionnés. Les cas sont parfois évoqués au plus bref, mais renvoient souvent à un contexte très riche en-dehors du 13-21. J’ai réparti les cas tant bien que mal en diverses catégories.
A : Le motif 1-2-3-1 1/ Lors de la semaine menant à mon 35e anniversaire le 6/7/1985, j’ai décrété que le motif 1-2-3-1 était essentiel. L’état où j’étais alors était tel que j’ai pu retirer le 6/7 12310 F à la Caisse d’Epargne, et proposer à la caissière de faire un bébé avec elle. Ceci m’avait été inspiré par un « signe » : il y avait 4 guichets, les 3 premiers numérotés 1-2-3, le 4e n’étant pas numéroté.
2/ Cette crise m’a conduit ensuite à une étude intensive de l’hébreu biblique et de la gématrie. Le motif 1-2-3-1 m’a fait imaginer que 1231 serait une gématrie privilégiée, et je devais la rencontrer pour deux désignations traditionnelles du Décalogue, objet d’une de mes premières découvertes importantes :
1231 = Keter Tora (couronne de la Tora) = esret hadevarim (10 paroles)
 Je découvris ensuite que cette équivalence avait été vue, notamment par Aboulafia qui y ajoutait l’égalité avec esrim weshesha (le nombre 26 du Tétragramme ou des 26 générations jusqu’à Moïse).
1231 étant un nombre premier, j’avais étudié les autres arrangements de 1-2-3-1, et vu que 1321 comme 2113 étaient aussi premiers
3/ Je remarquais aussi qu'à 12/31 correspondait aussi le 31 décembre à l’américaine. Le premier 31 décembre réellement important rencontré est la mort de Roger Gilbert-Lecomte le 31/12/43, se renversant en 34\21\13

B : Le 13-21-34 originel
4/ A l’été 2001 je lus un article d’Europe sur le nombre d’or chez Mallarmé, où était envisagé un ridicule découpage d’or de l’Hypnerotomachia en 23.5 et 14.5 chapitres ( 23.5/14.5 = 47/29, équivalent Lucas de 21/13 Fibonacci), avec comme pivot la découverte du tombeau d’Adonis.
Ceci me fit penser à l’acrostiche des 21+13 chapitres de The Greek Coffin Mystery, autre tombeau grec, autrement plus immédiat.
5/ Le calcul des gématries de l’acrostiche de l’Hypnerotomachia me conduisit pour les deux livres (24-14 chapitres) à 252/156 = 21/13.
6/ Parmi mes lectures antérieures sur le nombre d’or, la seule chose qui m’avait frappé était la répartition 294/182 des 476 vers de L’Art poétique d’Horace (poésie/poète = 21/13).

C : 13-21-34 dans la suite de Fibonacci (1-1-2-3-5-8-13-21-34…) correspond à 29-47-76 dans la suite de Lucas (1-3-4-7-11-18-29-47-76…)
7/ Les deux morts partageant le cercueil grec de Queen sont Khalkis (grec « cuivre ») et A. Grimshaw (initiales AG) : Cu et Ag sont les éléments 29 et 47, correspondant dans la suite de Lucas aux Fibo 13 et 21.
8/ Je fais partie du forum Unus Mundus, UM pour ses membres, soit les lettres de rangs 21-13. Un membre me signala que j’étais le numéro 47, ce qui me fit m’interroger sur qui était le 29 : c’était A.A. Attanasio, un auteur de SF dont j’avais 2 livres parmi les 3 traduits en français. Il ne participait plus activement depuis longtemps à la liste, mais un de mes messages le fit réagir.
9/ Je repris son Radix, et y découvris que le pivot de sa datation était l’an 2113, anéantissement causal du CERCLE
10/ Radix s’achève sur la chanson de Sumner Kagan, en 3 phrases mélodiques, séparées par des silences, de 21-21-13 notes
11/ L’an précédent, j’avais trouvé par hasard le 12/7/2009 un livre de SF à la brocante de mon village, Pygmalion 2113, d’Edmund Cooper (la première du Pygmalion de Shaw était en 1913)
12/ ma première approche du nombre d’or chez Perec a été son poème Noce, réparti en 47-29 vers
13/ les 9 premières strophes de Noce privilégient un découpage en (21-21-13) x 23 lettres (comme la chanson de Kagan)
  Perec a noté sur ses brouillons, en face des 10 strophes composant le poème, les doubles des nombres de la suite de Fibonacci, soit 2-2-4-6-10-16-26-42-68-110. Chaque strophe est construite à partir d'un contingent restreint de lettres, au départ celles des noms des mariés, KMARBEND = 68, NOUREDIMCH = 110. Les seules strophes construites strictement sur ces lettres ont 26 et 42 mots.

D : Les numéros 13-21-34
14/ Le 31/8/03, je découvris chez un bouquiniste du marché de Digne parmi un petit lot de Planète les 13-21-34, que je pris tous 3 bien que seul le 34 me tentait.
15/ Vers 2000 trouvé à la brocante de La Bégude 5 L’empreinte-Police dont les numéros 13-21-34 (+16-22)
16/ J’y avais trouvé aussi une 12aine de L’empreinte, parmi lesquels le numéro 107 où figure la solution du problème n° 13 (Trenton A-B évocateur de Queen) avec l’énoncé du problème n° 21
17/ D8 Bégude-Valensole-Gréoux 21-13 km
18/ J’avais aussi les Cabinet Noir 13-21-34 (parmi pas beaucoup d’autres 8 ?-18-26 ?-32-40)
19/ A quelques jours d’intervalle j’avais 3 publications en mai 09, portant les numéros 13-21-34 dans diverses collections (et le nom de l’éditeur du 34 était présent dans le Planète 34 !)
20/ en juin 09 paraissait Teckel 4, portant le total de mes pages à 21-13-(10+11).
21/ En relation avec Teckel 1, la double coinc de l’Escalier Potemkine, 13-21 m de haut en bas, 260-420 s dans le film
22/ Le n° 821 de Bialot devenu 813 ; j’ai jadis noté qu’un livre non précisé de 34 chapitres avait son chapitre 31 devenu 21
 note du 5/10 : ayant posté hier ceci, je reçois aujourd'hui le premier numéro de l'année (140) de Viridis Candela, n° 21 de la 8e série; c'est parce que le premier numéro d'il y a 2 ans (138) était le n° 13 de la 8e série que j'ai pu y publier l'an dernier l'article La multiplication des 813 

E : La date du 21/13 pataphysique, ou 31 août vulgaire, dont je n’ai pris conscience qu’en 2009
23/ 21/13/128 (2001) Première lettre de JPLG, qui fut pour beaucoup dans mon intérêt pour le nombre d’or, validé par le hasard
24/ 21/13/129 (2002) début de mon premier journal de coincs
25/ 21/13/130 (2003) achat des Planète 13-21-34 (alors que seul le 34 m’intéressait)
26/ 21/13/135 (2008) lecture de Des jours et des nuits.
27/ 21/13/137 (2010) numéro 34 de La mauvaise chance à Castellane, avec Les enfants du Créateur, d’André Carnal
28/ 18/13/139 (2012) (parce qu’il y avait impossibilité le 21/13) Le dernier homme bon et Le rire du cyclope (St-André) puis Lire 13-21-34 à Castellane

F : L’an 136 pataphysique (4x34) a débuté le 8 septembre 2008, le jour de mon intuition sur le 4/4/44, avec 3 coïncidences 52-84 (13-21 x 4)
29/ Jung-Zuern = 52/84, calculé avant l’aube du 1/1/136
30/ Michaela McManus = 52/84 (née le 20/5/83, petite section d’or de l’année), particulièrement connue pour son rôle du procureur adjoint Kim Greylek dans la saison 10 de New York unité spéciale, dont le premier épisode débute le 8 septembre 2008, le 1/1/136
   Elle a épousé le 3/7/11 Mike Daniels (michael)
31/ J’ai appris en décembre 08 le nom du docteur de Jung impliqué dans la NDE et l’échange du 4/4/44, et Jung-Haemmerli = 52/84

G : La paire 52-84 est particulièrement riche.
32/ 52/84 correspond aux noms Elie-Enoch en hébreu, les seuls personnages de l’Ancien Testament montés au ciel de leur vivant. On a encore le nom hébreu Ezechias = 136, un roi qui a reçu une tranche de vie supplémentaire, et le mot kiful = 136, « double ».
Elie et Enoch apparaissent dans la première édition de Pantagruel, ensuite remplacés par Ogier et Artus, dont il existe aussi la graphie Artuis, permettant Ogier-Artuis = 52/84 dans l'alphabet du 16e siècle.
33/ Seth-Nathaniel = 52/84, les anges incarnés de La cité des anges
34/ Daumal-Nathaniel = 52/84, et au moment où je vis ceci apparaissait le document de Daumal où il privilégiait le couple 13-21
35/ Ben-Laden = 52/84, selon une orthographe en hébreu

H : 136 est encore la somme des 16 premiers nombres, permettant de construire des carrés magiques
36/ Le plus connu est le Carré de Dürer, dont chaque colonne offre une répartition 13-21 (le carré central aussi)
37/  84/52 correspond encore à Melencolia (gématrie latine) / 9-10-11-12-1-2-3-4 (les heures du cadran solaire à côté du carré magique
38/ par ailleurs MELENCO / LIAS = 63/39 = 21/13 (avec une coupure après CO comme pour l’acrostiche du Poliphile)

I : Musique
39/ Bach les 3 R du WTC = 65-105-170
   les numéros d'ordre des 5 PF dorés parmi les 48, 1-14-24 dans WTC1, 25-38 dans WTC2, soit 39/63
40/ 21/13+34/21 = 883/546 22 préludes fish WTC1-2 / 14 préludes WTC1
41/ 884 = (21+13) x 26
42/ Prélude BWV 846 : 21+13+1 (critère fis à la basse en 22)
43/ Prélude 1 op 28 Chopin, répond au BWV 846, en 21+13 mesures avec un fis à la basse en 22.
44/ Thème + 33 Variations Diabelli

J : hébreu
45/ Le « nom », désignation de Dieu, est en hébreu SM, formé des lettres 21-13 de l’alphabet.
SM est aussi le nom du patriarche Sem, fils de Noé, que la tradition juive identifie à Melchizedek, instructeur de Jacob. Les valeurs des noms hébreux Melchizedek et Jacob sont 294 et 182, dans le rapport 21/13, 294 et 182 rencontrés plus haut pour L'Art poétique (6). 
46/ La chrétienté a réparti le canon biblique en 5-21-13 livres, repris par les éditions imprimées de la Bible hébraïque. Dans ma Bible de 1951, les 21-13 livres correspondent à 21-13 cahiers.
47/ Deux des livres attribués à Salomon (SLMH) débutent par une grande lettre, S pour Shir hashirim, M pour Mishlé (les 2 seuls autres livres dans ce cas débutent par B=2 et A=1, autres fibos)
48/ Babel a pour valeur
- 34 en hébreu,
- 21 en latin,
- 13 selon le code de Cheiro
49/ La chronologie traditionnelle attribue à divers événements essentiels (naissance Jacob – exil Egypte et naissance Yokeved mère de Moïse – naissance Moïse – sortie d’Egypte) les dates 2108-2238-2368-2448 : intervalles 130-130-80 ans, soit 130-210 ans pour la naissance de Jacob-Israël, l’exil d’Israël en Egypte, et son exode.
50/ Le nom YHWH a pour valeur immédiate 26, et pour valeur étendue 42 selon l’orthographe des lettres de Carlo Suarès
51/ les lettres de rangs 21-13 grec / 21-13 hébreu = 55/34 = 550(ΦΝ)/340(שמ)
 les valeurs étendues des lettres SYN/MYM sont 360/90 = 4/1
52/ l’hébreu pour « quatre » est ARBO = 273 = 13 x 21 (m x s)

K : Divers 34 répartis en 21-13 
53/ les 2 premiers romans de Paul Auster ont 21 et 13 chapitres (Fausse balle et Cité de verre)
 David Mazzuchelli a fait une adaptation de Cité de verre en BD, ou roman graphique comme on dit pour se démarquer de la vulgaire BD.  Dans un autre "roman graphique", Asterios Polyp, Mazzuchelli montre la suite de Fibonacci, avec pour derniers termes entièrement identifiables 13 et 21. 
54/ My heart laid bare : 21-13-(8+1) chapitres; à la fin des 21-13 chapitres meurt à Philadelphie (voir 71/) Harwood Licht 84-52 qui appartient à la famille de filous s'appelant tantôt Licht tantôt Liges; un autre membre de la famille est Nathaniel Liges = 84-52.
55/ 13-21-21 chapitres Le chemin de la lumière
56/ ses chapitres 16-18 débutent par M (absent) et U
57/ CARL > CR-AL = 21-13
58/ MONA LISA = 13-21 (latin réduit 3541-2991)
59/ Les histoires de Jean-Marie Cadiboulin de Jules Verne, 34 membres de l’équipage du Saint-Enoch, 13 nommés + 21 non
60/ Dans Le dernier homme bon, roman danois traduit en 2011, parmi les 34 Justes 21 sont connus, 13 non.
  Dans un autre roman danois, Miséricorde, également traduit en 2011, le meurtre de la soeur d'Oluf est prévu le jour de son 34e anniversaire, à cause d'un événement survenu 21 ans plus tôt.
61/ 21+13 « or » dans 7-4 séquences Alphabets pics 7 et 11 J et Q (7-8 « or », 8 et 7e fibo)
24e occurrence : or mu
62/ Pilgrim en 6 parties de 21-13-14-14-14-13 chapitres, soit 21-13-(55) ou 21-(55)-13
63/ L’île aux 30 cercueils, Véronique/Antoine = 126/78 = 21/13 (André Beauny = 42-68)
64/ Emilie Brunet disparaît a 34 ans, après avoir perdu ses parents le jour de son 21e anniversaire.

L : d’autres 47/29 (Lucas = 21/13 Fibo)
65/ Le n° 228 Baleine de Claudine Chollet est le 141e Poulpe, contre 87 non-Poulpe
66/ Sonia Amadouny = 58/94
67/ Night Shyamalan = 58/94
68/ John Dall = 47/29
69/ Le 24/9/12, une recherche "rémi schulz" "58 94" me conduit à une page Wikipédia, où 58-94 provient d’une proposition soumise le 31/08/08 (ou 21/13/135 pataf, jour où j'ai lu Des jours et des nuits).
70/ Mon billet blogruz du 8/9/2008 (ou 1/1/136) était sur David Phillips / artist = 141/87

M : divers
71/ Phi-la-del-phia = φ-13-21-34 et les 13+21 rues autour de Broad Street et Market Street
72/ Mon premier (et seul) Tournesol non fibo a 26/42 spirales
73/ Les 21 lettres de la croix paterNoster = 21 x 13 (latin)
74/ Simenon et Queneau nés les 13 et 21 février 1903
      Simenon 21 chapitres dans Le voyageur de la Toussaint (3 parties 6-7-7+épilogue)
      Queneau 7 x 13 sections pour Le chiendent et 8 x 21 chapitres pour Les enfants du limon
75/ L’assassin habite au 21 – La morte survit au 13 (écrits en 1939 et 1958, 31 et 50 ans)
76/  21 lettres Stanislas-André Steeman = 233, 13e Fibo
77/ Le 21e Fibo, 10946, est divisible par 13 (car tout Fibo de rang n est multiple du Fibo de rang d’un diviseur de n, ici 21 = 3.7, donc F21 est multiple de F3 et F7, 2 et 13)
78/ Les fibos de rangs 7+67n et 8+67n débutent par 13 et 21 pour n de 0 à 9, jusqu’à F610-611 (610 = 132+212)
79/ vingtetun / treize = 132/82 (alphabet sans W) dixsept / onze = 96/59 (idem, 97/60 avec W), d’où (21+17)/(13+11) = 228/141 = 76/47
80/ rencontre d’un panneau 21:13 au moment où je pensais aux ISBN 43-27 + 83-51 = 126/78 = 21/13
81/ les adresses du couple Marlasco dans Le jeu de l'ange, 13 route de Vallvidrera et 21 rue de la Lleona
82/ Joë Bousquet rencontre Poisson d'Or lors de son 21e anniversaire, fin juillet 1937. Ils correspondent ensuite pendant 12 ans jusqu'aux fiançailles de Pd'O, mariée en 50. Joë meurt le 28 septembre 50.
83/ le seul hétérogramme de Perec avec deux diagonales isogrammes est le sonnet en F de Métaux, avec des diagonales en M et U (13 et 21).

84/ L'arcane 21 du jeu de Tarot du jeu vidéo Dishonored est la Mort, arcane 13 du jeu habituel.
85/ J'ai appris ceci le jour même où, en étudiant le nom d'AS Byatt, qui s'est intéressée à la suite de Fibonacci, j'ai vu son découpage en voyelles et consonnes,
AY / BTT = 26/42 = 13/21
86/ Dans l'épisode 2-11 de la série Medium, tout ce qu'Allison sait du tueur recherché est qu'il a un chien-loup nommé Buster. Il y a 34 propriétaires de chiens Buster à Phoenix, et c'est le 13e qui est le bon (donc pas besoin de visiter les 21 autres).
Ce 11e épisode de la 2e saison me rappelle que la première proposition d'Euclide concernant le nombre d'or est la 11e du 2e livre (prop II-11)
87/ Mon projet Le parfum de l'amant d'Anouar est grandement inspiré de La dernière femme de sa vie,de Queen, où un meurtre est commis la nuit de Pâques 1970. J'avais choisi de faire mourir dans la nuit de Pâques 2004 mon personnage tout juste âgé de 21 ans, non pour respecter un schéma 13-21, mais parce qu'il était supposé être la réincarnation de Dannay mort en septembre 82.
  En fait je ne suis pas certain de n'avoir pas eu en tête le schéma 13-21; j'indique sur la page mentionnée qu'il était important pour moi que l'affaire se passe en 2004, mais que je ne m'en rappelle plus la raison... Ce dont je suis sûr, c'est que mon intrigue suggérait que Delaunay était après Dannay un autre avatar de Verne, tous ayant en commun l'aulne et le goût des parodies pascales. Si je connaissais les 21-13 chapitres de Queen, ce n'est que plus tard que j'ai remarqué la répartition 13-21 de l'équipage du Saint-Enoch (cas 59).
88/ Une série de coïncidences relatée ici vient de me faire prendre conscience d'une harmonie 21/13 dans mon précédent projet romanesque, élaboré vers 2001, Indécente (L'), où j'imaginais une intrigue amoureuse entre le blanc
LEON DE PRIDEGOR = 147
et la noire
TINE DENCEL = 91
147/91 = 21/13
Ceci ne pouvait être prémédité, car à l'époque 21/13 ne m'intéressait pas particulièrement, et Léon de Pridegor était l'anagramme de Pierre de Gondol, nom imaginé par Pouy, tandis que Tine Dencel était celle de L'indécente, titre choisi effectivement pour sa valeur 91, mais parce que c'était la valeur du département numéro 91, l'ESSONNE.
89/ J'ai participé au concours de nouvelles Dick organisé par les éditions Assyelle. Pensant que la date limite était le 31/12 (c'était en fait le 31 du mois suivant), j'ai envoyé mon texte le 30, et ai reçu le lendemain cet accusé de réception :
Il est daté à 13:21 le 31/12, que j'ai indiqué être tenté de lire à l'envers 21/13.
Ma nouvelle concerne les relations d'or dans les NDE, exposant notamment les cas de JUNG/HAEMMERLI et DAUMAL/NATHANIEL, tous deux 13/21.
90/ J'ai découvert dans une énigme du livre Mots d'amour secrets de mes oulipotes Perry-Salkow-Schmitter un message involontaire dans 13 lignes parmi les 34 lignes d'une lettre de Marie de Magdala.
91/ Dans Rouge-gorge, de Jo Nesbø, un attentat est prévu du 21e des 34 étages de l'hôtel SAS Radisson à Oslo.
92/ Dans Le massacre des innocents, Jean-Jacques Reboux a imaginé une superposition des 102 paroisses de Paris aux 64 cases d'un jeu de l'oie, parcouru selon les valeurs des lettres P-A-R-O-I-S-S-E, menant au dernier coup à la case 64, ND de Paris où a lieu l'attentat final. Divers calembours sont proposés, comme "l'oie porte la poisse à Paris". Sans calcul de Reboux, qui s'est basé sur une liste officielle de 102 paroisses
PAROISSE = 102 = 3 x 34
PARIS OSE = 63 + 39 = 3 x (21+13)
93/ Un autre hasard non calculé de numéros 13-21-34 en ma possession est ceux de la collection Le cabinet noir, étudié ici. Le n° 21 est La clairière des Eaux-Mortes, de Raoul de Warren,ce qui fait coïncidence en soi car le roman est basé sur les 7 péchés capitaux, dont il est donné 3 séries de synonymes ou d'antonymes, donnant en acrostiche les mots LUCIFER, CHARITE, PLATINE (3x7 = 21).
  Le hasard m'a encore conduit, sans recherche sur le thème, à récolter de ci de là l'anthologie Les sept péchés capitaux, où Alberto Manguel donne 3 textes pour chaque péché, soit 3x7 = 21 en tout, et quelques-uns des 7 recueils établis par Sébastien Lapaque pour Librio, contenant chacun 13 textes pour chaque péché.
94/ SAINT / GRAAL = 63/39 = 21/13. Dans le roman Graal de Philip Michaels, le calice sacré est redécouvert un 31 août, soit le 21/13 pataphysique.
95/ Le titre de mon billet Rêvolutions est inspiré par les rapports entre La révolution des fourmis et Only Revolutions, et par le découpage en voyelles/consonnes de ce mot :
EOUIO / RVLTNS = 65/105 (= 13/21)
  Byatt (YA / BTT = 26/42, voir 85/) était convoquée dans ce billet.
  Après l'avoir achevé, j'ai poursuivi l'étude des nombres de 4 chiffres palindromes dorés, et découvert que les curiosités vues dans le billet n'étaient pas ponctuelles mais trouvaient leurs équivalences dans d'autres bases, selon des règles logiques.
  Le premier cas survenait précisément pour les nombres 65-105-170 en base 10, devenant en base 4
1001-1221-2222.
  Le cas suivant concerne 2796-4524-7320 en base 10, devenant en base 11 2112-3443-5555.
  La suite de ces nombres est désormais sur le site OEIS, sous le n° 245323.
96/ L'écriture de mon roman Sous les pans du bizarre en 1999 m'a conduit à y coder le sonnet de Perec Vocalisations, avec deux modifications :
- son titre est devenu Vocalisations I, en partie parce que Perec en a proposé une seconde version, mais surtout pour la valeur de l'expression, 168, nombre de pieds du sonnet;
- deux mots des vers 8 et 13 ont été anagrammatisés, ALCOOL et NADIR devenus LOOCAL et RADIN, de valeurs 58 et 46, somme 104.
168/104 = 21/13
  Le roman était dédié "à Margaux, Marie, Phiphi, Poupou, Landor", le plus important parmi eux étant JB Pouy grâce auquel cette édition s'est faite, sous la forme POUPOU = 104.
  Par ailleurs les rangs des mots ALCOOL et NADIR étaient 102 et 66, dont j'avais remarqué la somme 168, et l'équivalence avec les valeurs des mots arabes bism allah, بسم الله, "Au nom d'Allah", débutant la Basmala initiant chaque sourate du Coran, d'autant que les deux mots alcool et nadir sont d'origine arabe. Comme la Basmala se répartit en 7+12 lettres (partage doré) de valeurs 168 et 618 (évoquant .618, phi), j'en ai proposé une récriture basée sur la traduction de Chouraqui à la ligne 8 parmi 21 de mon SATOR dans tous les sens en 2003, ensuite également édité par Pouy (Teckel n° 1):
  Les 2 parties de la formule ont 13 et 21 lettres.
 97/ Dans le roman La mort en gros sabots, l'actrice Nan Bulkely est assassinée un  31/08 (1944), ou 21/13 du calendrier pataphysique, exactement dans les mêmes conditions que l'a été l'autre actrice France Raye le 12 octobre précédent. Les prénoms NAN et FRANCE ont pour valeurs 29 et 47, nombres de Lucas de mêmes rangs que les Fibos 13 et 21.
98/ Dans la trilogie cosmique de CS LEWIS, un eldil, "ange", est responsable de chaque planète, avec à leur tête un ange principal, Maleldil, créateur du système solaire.
MAL / ELDIL = 26/42 = 13/21
  Dans cette trilogie la Terre est the silent planet, "la planète silencieuse", ce qui a pu inspirer l'album In Keeping Secrets of Silent Earth: 3 du groupe de rock Coheed and Cambria,  dont le dernier morceau est intitulé 21:13. Voir les cas 9/ et 11/ montrant d'autres occurrences de 2113 en SF.
99/ Nous avons emménagé le 17 décembre dernier dans notre nouvelle maison. Je pus alors en prendre des mesures précises, pour découvrir que le niveau principal mesurait intérieurement 5.80x9.40 m, ce qui correspond au rapport 29/47 équivalent à 13/21.
  La maison a été construite par un maçon à la retraite, Pierre Gouillard, et le découpage voyelles/consonnes de ce nom conduit aux mêmes valeurs que celui de REVOLUTIONS vu au cas 95/ :
IEEOUIA/PRRGLLRD = 65/105 = 13/21
100/ J'ai découvert le 15/1/15 cette formidable double relation :
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 13x21
1x1x2x3x5x8 = THIRTEEN+TWENTYONE
  La somme des gématries des noms des 6 premiers termes de la suite de Fibo donne le produit des deux termes suivants.
  Le produit des 6 premiers termes de la suite de Fibo donne la somme des gématries des noms des deux termes suivants.
  On peut encore écrire, en remplaçant les noms par des nombres soulignés :
1+1+2+3+5+8 = 13x21 (= 273)
1x1x2x3x5x8 = 13+21  (= 240)
  Par ailleurs, comme la première somme se décompose en
1+1+2+3  = 182 = 2/3 273 (et 5+8 = 91 = 1/3 273)
et que les 4 premiers Fibos sont aussi les chiffres composant 13 et 21
1+3+2+1  = (13x21)(1x2)/(3x1)
  On a aussi
(1+1+2+3)(5+8) = 5+8
et 1+1+2+3 = 8-5
101/   Un hasard m'a fait tomber à la médiathèque sur un roman de 2004, Marguerite et les enragés d'Eric Deschodt et Jean-Claude Lattès, polar historique, genre qui a priori ne m'intéresse pas, mais son incipit m'a fait l'emprunter :
Le 17 novembre 1494, Jean-Giovanni Rollet entre dans Florence.
C'est une allusion évidente à la Chartreuse de Parme :
Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan...
or le roman inachevé de Perec, "53 jours", a pour texte source le roman de Stendhal, son premier chapitre étant Le 15 mai.
J'ai donc étudié avec un peu d'attention Marguerite et les enragés qui a 68 chapitres, ce qui m'a fait aussitôt aller voir ce que donnerait une division 42/26 (21/13), et le chapitre 43 débute ainsi
Le 17 novembre 1495, Jean-Giovanni reçoit une lettre de Charles VIII.
Ce sont les deux seuls chapitres débutant par une date.
C'est en 1496 qu'a débuté à Milan l'écriture de La divine proportion.
Les brouillons de "53 jours" témoignent de tentatives de Perec d'y faire intervenir une suite de type Fibonacci.
102/   Le roman Pilgrim de Timothy Findley (1999) a deux principaux personnages, Pilgrim, étrange être-ange, et Jung lui-même, fasciné par son cas.
PILGRIM / JUNG = 84/52 = 21/13
Les deux premières parties de Pilgrim ont 21 et 13 chapitres (les 4 autres 14-13-13-13).
Au début de la 4e partie sont mentionnées les principales adresses, conformes à la réalité, du peintre Whistler, 13 Tite Street et 21 Cheyne Walk.
Le personnage de Pilgrim aurait jadis servi de modèle à Léonard pour sa Joconde, et il a été proposé les valeurs 13-21 pour MONA LISA, selon un alphabet latin réduit.
103/  Un certain Emmanuel Licht est le coauteur de Aspects ésotériques du thème de la quête, concernant essentiellement le
SAINT / GRAAL = 63/39 = 21/13 alors que
EMMANUEL / LICHT = 84/52 = 21/13
C'est évidemment un pseudonyme, puisque la prophétie de l'Emmanuel et la Lumière sont convoquées dans l'étude, et ceci me rappelle qu'il y a aussi un Emmanuel dans le roman My heart laid bare (cas 54), dont les deux premières parties en 21-13 chapitres (voir le cas précédent) s'achèvent sur la mort de Harwood Licht (84/52 = 21/13).
104/  Proof, nouvelle série de juin 2015, se penche sur les phénomènes de survie après la mort, étudiés par une chirurgienne qui a elle-même eu une NDE.
Son nom est
CAROLYN TYLER = 88+80 = 168
pour ses amis
CAT TYLER = 24+80 = 104
168/104 = 21/13
Le même article signale la série débutée le même mois, The Whispers,  dont l'héroïne Claire Bennigan enquête sur un contact avec des ET impliquant notamment sa  propre famille. Elle est jouée par l'actrice Lily Rabe dont le nom devient en rot-13
YVYL / ENOR = 84/52 = 21/13
105/   Ce billet se penche sur les fictions de vampires, êtres dont le statut est également aux frontières entre vie et mort. Le vampire peut communiquer son immortalité à sa victime :
VAMPIRE / VAMP = 84/52 = 21/13
106/   Zecharia Sitchin affirme que le sumérien MU (soit les lettres de rangs 13-21 dans notre alphabet) est équivalent à l'hébreu SM, שמ (soit les lettres de rangs 21-13 dans l'alphabet hébreu, cas 45)
107/   En quelques semaines j'ai découvert 3 romans de 34 chapitres offrant une nette répartition 21-13 :
- Deuils de miel a 33 chapitres et 1 épilogue, avec une première enquête s'achevant à la fin du chapitre 21 (une édition a une erreur dans la numérotation des chapitres s'achevant sur un chapitre 34);
- Le labyrinthe de la rose a clairement 34 chapitres en référence à la constante du carré magique d'ordre 4; le chapitre 21 s'achève sur une représentation en étoile des 16 nombres de ce carré, offrant une nette répartition 84/52 = 21/13;
- Le Livre de saphir est une quête en 6 étapes correspondant aux 6 triangles du Sceau de Salomon; le 3e triangle est découvert à la fin du chapitre 21.
108/   Alors que je possédais Le Livre de saphir, mais ne l'avais pas lu, j'ai composé en 2005 le sonnet initialement titré L'art si noué, formé pour des raisons impératives de 21 séries hétérogrammes pour les quatrains et 13 séries pour les tercets.

vendredi 5 août 2011

Philadelphia Exphiriment

Ce 1er août, une investigation m'a conduit à découvrir le plan original de la ville de Philadelphie, lors de sa fondation en 1682 par William Penn. J'ai été frappé par la dissymétrie verticale, alors qu'horizontalement la place centrale, destinée à devenir le centre administratif de la cité, était rigoureusement au milieu d'une des premières villes bâtie selon un damier rectangulaire presque parfait, à peine contrarié par la sinuosité des deux cours d'eau navigables bordant la ville, le fleuve Delaware à l'est, la rivière Schuylkill à l'ouest, se jetant un peu plus bas dans le Delaware.
Cette centralité était prévue au pied près, des mesures d'époque donnant 5088 pieds de chacune des deux rues en front de rivière jusqu'à l'axe nord-sud de la ville, Broad Street de 100 pieds de large (31 m), avec le détail des mesures de chacun des 11 blocs, sans oublier les largeurs des 10 rues intermédiaires, de 50 pieds chacune.
A la manière des villes romaines, cet axe nord-sud croisait avec un axe est-ouest, High Street, également de 100 pieds de large. Les distances aux rues parallèles, portant toutes des noms d'arbre, 3 au nord et 5 au sud, sont également données, 1995 pieds de Vine Street à High Street, puis 3148 pieds jusqu'à Cedar Street.
4 parcs dans les 4 quartiers de la cité, symétriques par rapport à Center Square, soulignent la dissymétrie initiale nord-sud, laquelle pouvait avoir une explication : les fondateurs envisageaient une future extension de la ville (avec raison puisqu'elle a compté jusqu'à 2 millions d'habitants), mais des marais semblaient interdire cette extension vers le sud (ils n'ont en fait pas empêché l'urbanisation).

Attendu que le partage de 8 en 5 et 3 évoque la suite de Fibonacci, j'ai été curieux de consulter un plan ultérieur de la ville, et sidéré par ce plan de 1846 (ici limité à la zone historique, cliquer pour agrandir) :
Center Square, maintenant nommé Penn Square, n'y apparaît pas du tout au centre des deux rivières, et le plan original de 1682 de 11 rues de part et d'autre de Broad Street ne semble pas avoir été réalisé, malgré la précision des mesures alors avancées.
En 1846 il y a une Front Street à l'ouest et une autre à l'est, pratiquement rectilignes, qui sont aussi des 1st Street puisque la rue suivante est une 2nd Street. En tant qu'amateur de coïncidences 813, je suis abasourdi qu'il y ait 8 rues à l'ouest de Broad Street et 13 à l'est, comme en témoigne ce détail (tourné de 90°).
La disposition originale nord-sud semble avoir en revanche été respectée, et on retrouve les 3 rues au nord de High Street, Vine, Sassafras et Mulberry, et les 5 au sud, Chestnut, Walnut, Spruce, Pine et Cedar, mais, nouvelle sidération, d'autres artères importantes ont été ajoutées, portant à 13 le nombre total des rues croisant Broad Street, idéalement réparties encore en 5 et 8.
Il apparaît ainsi sur ce plan une structure idéalement fibonacienne autour des deux axes principaux, de 21 blocs EO répartis en 8+13, et 13 NS répartis en 5+8, et je ne trouve plus de mots pour exprimer mon vertige car, pour un motif expliqué plus loin, je me suis vers 2001 intéressé au découpage syllabique de Philadelphia, où la première syllabe Phi peut correspondre à la désignation du nombre d'or, Phi = 1.618...
Les 3 autres syllabes livrent ensuite les gématries (A=1, B=2, etc.)
LA = 13,
DEL = 21,
PHIA = 34,
trois nombres consécutifs de la suite de Fibonacci où le rapport de deux nombres successifs tend vers le nombre d'or.
Mieux encore, en prenant pour Phi l'approximation courante 1.618, on a
13 x 1.618 = 21.034
On pourrait écrire ainsi :
Phi x LA = DEL. PHIA

Je précise d'emblée que je ne vois aucune intention dans ces coïncidences fibo-philadelphiennes. Comme je l'ai déjà développé ailleurs sur ce blog, le nombre d'or n'a commencé à être utilisé consciemment dans la création artistique que dans la seconde moitié du 19e, et la désignation Phi date du début du 20e.
En lisant ce que j'ai pu trouver en ligne sur les origines de Philadelphie, une idée m'est venue en apprenant que les clients à l'achat de terrains préféraient nettement le côté Delaware au côté Schuylkill, ainsi un esprit mercantile aurait pu souhaiter déplacer le "milieu" de la cité, de telle sorte qu'il y eût plus de lots côté est, vendus au prix fort...

J'ai encore trouvé ce plan de 1756, très peu précis, mais où le quadrillage montre néanmoins 9 x 22 rues, soit 8 et 21 sans compter les axes principaux, qui ne sont hélas pas figurés (à remarquer tout de même que le parc du sud-est est correctement placé): (En fait ce plan est confirmé par d'autres donnant l'emplacement de Center Square, j'en donne un plus loin.)

Prendre des mesures sur le plan de 1846 est très aléatoire, même s'il est évidemment plus proche de la réalité que celui de 1682. Un autre bond de 162 ans mène à l'époque contemporaine, et à GoogleEarth dont les outils permettent toutes sortes de mesures.
J'ignore leur fiabilité et je ne suis pas sûr d'utiliser optimalement le logiciel, aussi je ne peux qu'inviter à reprendre et vérifier ma démarche, dont je présente succinctement les principaux résultats.
La GoogleMap ci-dessous peut-être agrandie en cliquant dessus :En rouge le pourtour original. La plus grande partie de Vine Street au nord a laissé place à une voix express, mais une partie de l'ancienne rue subsiste à l'est, permettant d'extrapoler le tracé ancien vers l'ouest. Cedar Street a été renommée South Street.
Les rues NS ont été renumérotées à partir de l'est, où la 1st est toujours Front Street, mais l'autre Front Street côté ouest est maintenant la 22nd Street. Ces rues se superposent exactement à celles du plan de 1846, car il n'y a pas de 14th Street, correspondant à Broad Street (renommée Avenue of the Arts sur une partie de son cours).
En jaune Broad Street et High Street, désormais Market Street.

Du sud au nord, en prenant les mesures au niveau de la 4e rue qui croise encore avec l'ancienne Vine Street, et en partant des bâtiments comme le suggérait le document cité plus haut, j'ai trouvé 5275 pieds, dont la section d'or est 3260. J'ai trouvé 3200 pieds au milieu de Market. A remarquer qu'un mile correspond à 5280 pieds, et que 3200 est presque exactement le nombre donné par le document, 3148 + 50 pieds à mi-rue.
De l'est à l'ouest, différentes mesures concordent pour donner 9734 pieds, et 6055 au milieu de Broad Street. La section d'or calculée est 6016, ainsi dans les deux cas les axes de la cité historique sont fort proches des sections d'or, qui tombent dans ces rues maintenant élargies.

On s'y attendait un peu, vu les nombres de rues fibonacciens, mais il fallait néanmoins le vérifier et ç'aurait pu tomber plus mal (ou mieux).
Il y a bien plus étonnant. Les traits argentés correspondent aux longueur et largeur du rectangle formé par les coins extérieurs des parcs de la cité. Le parc NO a été complètement remodelé en Logan Circle, et il en va en partie de même pour le parc NE, néanmoins une extrapolation à partir du tracé virtuel de l'ancienne Vine Street m'a livré une largeur de 3752 pieds, avec une certaine marge d'erreur, tandis que la longueur plus fiable au niveau des parcs sud donne 6082 pieds (entre les milieux des trottoirs extérieurs aux parcs), dont la section d'or est 3758.
La proximité du rectangle englobant les 4 parcs avec un rectangle d'or peut se vérifier sur le plan de 1846. La même page donne un plan de 1865, à plus petite échelle, mais qui a l'avantage d'être parfaitement orthogonal. Je m'en suis servi pour réaliser ce quadrillage montrant en rouge les deux axes, en bleu les 34 rues principales les croisant, 21 NS et 13 EO :En transparence le rectangle englobant les 4 parcs. Ceci souligne l'ajout de dissymétrie EO par rapport au plan initial, car il aurait pu être logique de conserver ces parcs à égale distance de Broad Street, alors qu'il semble qu'on ait plutôt gardé les intervalles à partir de l'est des axes principaux, 5 blocs à l'ouest du Delaware, 4 blocs à l'ouest de Broad Street.
Je remarque que ceci amène une autre division fibonacienne EO, 5-8-5-3 blocs, grosso modo car chaque parc n'occupe pas une case exacte du damier, ce qui semblait prévu dès l'origine.
Il en résulte que Broad Street n'est que très imparfaitement à la section dorée de la longueur du rectangle englobant les parcs, elle correspondrait plutôt à la médiane dorée entre les centres des parcs, ce qui m'a mené à mon plus fabuleux résultat.
Les centres des deux parcs sud, Washington Square et Rittenhouse Square, sont matérialisés dans un cas par un bassin, dans l'autre par cet édicule hexagonal. Je ne sais si ces centres correspondent exactement aux parcs originaux, en tout cas ils permettent une mesure très précise qui m'a livré le curieux nombre de 5555 pieds (soit 55 x 101, avec 55 nombre suivant 13-21-34 dans la suite de Fibonacci et 101 valeur de PHILADELPHIA). La section d'or de 5555 est 3433, et le croisement de la ligne 5555 avec l'axe médian de Broad Street (du moins la ligne médiane sur la chaussée) se fait à 3441 pieds, soit à 2 m de la section d'or idéale.

Voilà. Je n'imagine pas qu'il y ait quoi que ce soit de logique à déduire de tout ça, mais je me permets de souligner que Philadelphie a une riche histoire. Ce fut d'abord le lieu de l'utopie, de l'amour fraternel, où tous les réprouvés de la terre étaient bienvenus, où la peine de mort était interdite. Puis la déclaration d'Indépendance y a été signée, elle fut un temps la capitale des USA, sa plus grande ville.
En 1871 fut commencée la construction de l'Hôtel de ville, sur la place centrale de la cité, aujourd'hui City Hall, carrefour des fameux axes dorés... Il était alors prévu pour être le plus haut édifice du monde, avec sa tour de 167 m, mais la Tour Eiffel a effacé cette prétention, bien que l'édifice comptabilise divers records.
William Penn trône en haut de ces 167 m, et c'est l'occasion de signaler que c'est un nom doré, de la plus belle sorte, dont la probabilité est d'environ 1 chance sur 100 :
WILLIAM PENN = 79/49 = 1.612...
Il a abandonné un temps le sort de sa Sylvanie et de Philadelphie à son ami
PHILIP FORD = 70/43 = 1.627...

Peut-être puis-je en venir maintenant à ce qui m'a fait m'intéresser à la gématrie de PHILADELPHIA.
En 2001 ma passion pour Ellery Queen m'a conduit à une hypothèse fibonacienne sur la structure de ses romans, avec notamment ceci :
- ses 9 premiers romans, les 'Mysteries', totalisent 233 chapitres, 13e nombre de Fibonacci;
- le 4e roman a 34 chapitres, répartis en 2 parties de 21 et 13 chapitres, dont les titres donnent en acrostiche le titre du livre et son auteur, THEGREEKCOFFINMYSTERY et BYELLERYQUEEN; je m'étais alors fait la remarque qu'il y avait de part et d'autre de ce roman singulier 3 et 5 Mysteries, évidemment ignorant du plan initial de Philadelphie avec les 3 et 5 rues de part et d'autre de High Street;
- son 10e roman, Halfway House (1936), marque une rupture, par son titre, dont éventuellement on peut remarquer la gématrie 144, 12e Fibonacci, et par sa structure, en uniquement 5 chapitres, aux titres tautogrammes en T.

J'ai donné quelques commentaires sur mes pages Queen, sans trop approfondir le mystère de cette Maison à mi-route, à Trenton, utilisée par un bigame comme relais entre ses deux vies, à Philadelphie où il a épousé une femme maintenant âgée de 31 ans, et à New York où il est marié à une richissime héritière de 49 ans.
Le bigame Gimball d'environ 40 ans est aussi à mi-route entre ces âges en rapport d'or, et si Trenton n'est guère géographiquement à mi-route entre Philly et la Grosse Pomme, elle l'est gématriquement car
PHILADELPHIA = 101
TRENTON = 106
NEW YORK = 111
Le découpage doré NEW YORK = 42/69 m'a conduit à m'intéresser au découpage syllabique de Phi-la-del-phia.

J'ai eu la curiosité de revoir le film Philadelphia, de Jonathan Demme (1993). Les 115 mn du film effectif sur DVD (suivies d'un générique de 5 mn) se partagent assez idéalement selon le nombre d'or entre 44 mn pour l'exposé du problème (un avocat gay viré de sa firme parce qu'atteint du sida) et 71 mn pour le procès, qui se tient dans l'immense City Hall, au centre doré de la Philadelphie historique.
Entre les deux une séquence aérienne de 20" survole le City Hall, commençant par tourner autour de la statue de William Penn, champion de la tolérance.

PS du 9 août. J'ai trouvé ce plan du métro de Philadelphie, qui confirme la prépondérance des 21 blocs (8-13) de l'ouest à l'est soulignés par mon quadrillage sur le plan de 1865 :Les deux lignes principales suivent les axes majeurs. Du nord au sud on a 4-7 blocs plutôt que mes 5-8, à cause du chamboulement sur Vine Street au nord et de l'omission de Sansom Street entre Chestnut et Walnut, ce qui ne me semble pas anéantir mon quadrillage 21 x 13, qui était peut-être plus pertinent au 19e siècle, mais que je retrouve sur cette carte actuelle (qui omet quelques rues à l'est).

De toute façon, le plus extraordinaire me semble être le passage du plan original de 1682 en 9 x 23 rues, ou 8 x 22 cases, avec Center Square au milieu de l'axe est-ouest, à la ville effective construite sur un damier de 8 x 21 cases, comme sur la carte de 1750 donnée plus haut, avec Center Square répartissant largeur et longueur en 3-5-8-13, quatre Fibos consécutifs.
Si Center Square n'y apparaissait pas, il est en revanche présent sur cette carte française de 1764, trouvée grâce au site MapsOldPhiladelphia : Commode pour trouver son chemin, n'est-ce-pas ?
En fait, une carte plus précise de 1777 montre que la ville ne s'est d'abord développée que du côté Delaware, et qu'elle avait dépassé au nord et au sud les limites fixées par William Penn alors que seules quatre des rues est-ouest étaient prolongées jusqu'à la Schuylkill.
Une carte de 1762 montre la State House, où sera signée en 1776 la Déclaration d'Indépendance, érigée à l'est de la 6th Street, sans se soucier du centre administratif fixé par Penn.
Cette 6th Street, qui partage les 13 blocs à l'est de Broad Street en 8+5, est aujourd'hui un axe touristique essentiel, entre les squares Franklin et Washington à l'ouest, et les 4 squares de l'Indépendance dans les blocs intermédiaires à l'est.

La Déclaration de 1776 me disait quelque chose dans le contexte 813, et je me suis rappelé ce que c'était, abordé sur mon billet Surimpressions hébraïques. Une page d'un site chrétien d'exploration numérologique de la Bible hébraïque voit une certaine récurrence de 813 dans les 4 premiers vers de la Genèse, avec notamment :
3 Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. = 813
4a Dieu vit que la lumière était bonne; = 963
4b et Dieu sépara la lumière des ténèbres. = 813
Les valeurs s'appliquent aux versets hébreux correspondants.

Or 813+963 = 1776, et on a donc une symétrie qui se traduit notamment par
verset 3 = 813
verset 4 = 1776
Le site en question ne manque pas de mettre en relation la lumière divine avec la fondation des USA, insistant sur l'unité marquée par la formule e pluribus unum, désignant les 13 états originels de l'Union, en 1-8-4 lettres correspondant en hébreu aux lettres אחד formant le mot ehad, "un", de valeur 13.
Je préfère signaler dès maintenant ces correspondances, qui sont à mon humble avis au-delà de toute interprétation, avant qu'un petit malin ne tire les plus folles déductions du fait que la Déclaration d'Indépendance et la Constitution des USA furent signées dans une ville 8-13.

PS Je suis revenu sur cette affaire plus en détail sur mon blog en anglais, et suis allé un peu plus loin sur Quaternité, avec le billet Naccipolis.

vendredi 13 mai 2011

la multiplication des 813


Il est des questions qui m'obsèdent, telle celle-ci :
Existe-t-il une relation entre les parutions la même année 1910 du livre 813, de Maurice Leblanc, et du Liber 813 d'Aleister Crowley ?
La question est relancée par la parution 100 ans après, semble-t-il due à une erreur de fabrication, de deux numéros 813 dans la collection Rivages/Noir, soulignée par le fait que 2010/11 est aussi l'an 138 de l'Ere Pataphysique.

Le premier titre est le roman le plus ambitieux de Leblanc, la plus longue aventure de Lupin, publiée en feuilleton dans Le Journal, du 5 mars au 24 mai 1910, parue en volume chez Lafitte en juin 1910 (ci-dessus la couverture originale, grâce à la courtoisie d'Arne Lupinès, de L'Agence Lupin).
L'autre, dont le titre complet est Liber 813 vel ARARITA, serait un texte qui aurait été dicté à Crowley en écriture automatique pendant l'hiver 1907-08...
On en trouve le texte ici en anglais, sans indication de date de publication, et là en français, avec pour première publication dans ‘The Holy Books’, vol. 3 (Londres, 1909-10).
Le texte est aussi appelé Liber ARARITA (אראריתא) vel 813 (DCCCXIII), "Livre Ararita ou 813", les deux termes étant en fait équivalents, ARARITA étant acronyme d'une phrase en hébreu signifiant Une est Ton Origine ! Un est Ton Esprit, et Ta Permutation Une ! La valeur numérique des lettres hébraïques ARARITA est 813.
Curieusement, dans le roman de Leblanc, 813 est un nombre énigmatique qui n'est pas important en lui-même une fois l'énigme résolue, ce sont uniquement ses chiffres 8-1-3 qui sont significatifs, quel qu'en soit l'ordre, ainsi toutes les permutations de 813 auraient été également valables, telles 138 et 381. Non seulement est-il paru deux livres 813 en 1910, mais tous deux ont un rapport avec la permutation.

Il n'y a rien d'absolument impossible à ce que Leblanc ait connu Crowley, qui effectuait alors de fréquents séjours à Paris, et qui avait inspiré le personnage principal de The Magician, de Somerset Maugham (1908). Je me suis inscrit à un forum public consacré à Crowley pour poser la question, qui est apparue comme sujet 3325 du forum; lorsque je suis revenu y voir, ma question avait disparu et je n'étais plus membre du forum, sans aucune explication ni notification.

L'énigme 813 outrepasse nettement ce problème difficile à élucider, ainsi un siècle plus tard le monde de l'édition connaît un nouveau bégaiement impliquant 813. L'une des grandes collections françaises de polar est Rivages/Noir, créée en 1986 par François Guérif, au succès tel qu'elle est parvenue en mars à son numéro 813, qui échut à un auteur français, Tito Topin.
Le coup de tonnerre vint deux mois plus tard, avec la parution d'un autre n° 813 :Merci Black JackRenseignements pris, il s'agirait d'un cafouillage pour cet autre roman français qui était prévu sous le numéro 821, mais l'éditeur a assumé l'erreur et les deux livres figurent à son catalogue sous le numéro 813, tandis que le numéro 821 reste inattribué.Ce n'est peut-être pas une erreur unique, le catalogue affichant aussi deux numéros 717, au lieu des numéros 716-717. Détail amusant, j'ai trouvé une chronique de 2009 en faisant état, due à François Braud, n° 716 de 813.

La bévue sur 813, assurée fortuite par Rivages/Noir, prend une tournure fatidique aux yeux d'un pataphysicien, pour lequel l'année en cours est l'an 138 de l'Ere Pataphysique (dont l'an 1 a commencé le jour de la naissance de Jarry, le 8 septembre 1873 vulgaire), or le premier numéro en 138 EP de la revue du Collège de 'Pataphysique, Viridis Candela, était le n° 13, 8e série. Nul calcul dans cette coïncidence, à moins qu'elle n'ait été ourdie bien des décennies plus tôt, car la revue a été conçue dès l'origine (en 1950 vulgaire, 78 EP) selon une loi rigoureuse, 4 numéros par an, chaque série durant 7 ans et donc 28 numéros, au terme desquels maquette et sous-titre de la revue changent. La 8e série, Le Correspondancier, a débuté en Absolu 135 (septembre 2007 vulgaire), et c'est une logique implacable qui a donc fait du 1er numéro de 138 le 13 de cette 8e série, trois mois après le centenaire de la parution du 813 de Leblanc. A moins d'occultation du Collège, le numéro 8 de la série 13 paraîtra le 1er Gidouille 171 EP, soit le 15 juin 2044. Pour ce qui est du Liber 813 de Crowley, je n'ai pas réussi à trouver la date précise de sa première publication qui, au cas où elle aurait été postérieure au 7 septembre 1910, aurait été en 38 EP.

Divers illustres pataphysiciens se sont passionnés pour Arsène Lupin, auquel a d'ailleurs été consacré un numéro complet de Viridis Candela (5e série, n° 10).
Le 13 Phalle 100 EP (soit le 23 août 1973 vulgaire) a été fondée la Sous-Commission du Collège Oulipopo (Ouvroir de Littérature Policière Potentielle), par divers pataphysiciens parmi lesquels les spécialistes du polar Michel Lebrun et Jacques Baudou. Peu après s'y sont joints des non-pataphysiciens, tel François Guérif (futur patron de Rivages/Noir).
Au sein de cette équipe est née l'idée d'une association ouverte à tous d'Amis de la Littérature Policière, qui fut fondée en 1980, principalement à l'instigation de Lebrun qui lui trouva son nom, 813 en hommage à Leblanc, et proposa qu'elle fut limitée à 813 membres. Il en fut le numéro 1, tandis que le n° 813 était réservé à un descendant de Leblanc. Guérif, n° 74, fut président de 813 de 1992 à 1995. Il jouxte Lebrun sur cette photo de l'Oulipopo en 1982 :
La plupart des professionnels du polar ont un jour ou l'autre été membres de 813, sans parler de nombreux amateurs. J'en ai été membre plus de 10 ans, et l'ai quitté il y a 2 ans, précisément suite au refus des responsables actuels de la revue (813) de s'intéresser au lien éventuel entre Crowley et Leblanc.
Joseph Bialot fut un membre de la première heure de 813, avec le n° 15, Tito Topin y a le n° 679.

L'attribution du n° 813 de Rivages/Noir à Tito Topin offre une autre curiosité, car la valeur numérique de TITOTOPIN est 138 (addition des rangs de ses lettres dans l'alphabet).
Topin rime avec Lupin qui décodait un message selon ces équivalences dans une nouvelle parue en avril 1911, avec une autre coïncidence éditoriale stupéfiante car ce même mois Sherlock Holmes utilisait le même procédé dans une nouvelle inédite, avec d'autres parallèles étudiés ici.

J'ai étudié ici et là l'éventualité de correspondances gématriques cachées dans l'oeuvre de Leblanc, particulièrement pour 813 qui pourrait contenir de multiples allusions à l'affaire de l'enfant lupin Gaspard Hauser, en la transposant du duché de Bade à celui des Deux-Ponts, car GASPARD HAUSER = DEUX PONTS = 138.
Ceci rend compte de la solution de l'énigme 813, validant n'importe quelle permutation des nombres 1-3-8, et le choix particulier de la forme 813 offre une possible subtilité de cet ordre :
HUIT CENT TREIZE = 183, autre permutation de 813.

Un autre clin d'oeil de Leblanc apparaît peut-être dans ce détail du roman, où le 13 août peut se lire 13/8 : Le choix du nombre 813 par Leblanc peut donc avoir de multiples raisons, tout à fait indépendantes de Crowley. A propos de ce dernier, sans préjuger de la réalité de la réception miraculeuse des "textes saints" concernés, du moins peut-on se demander si une signification quelconque pourrait être attribuée à 813, car la formule ayant pour acronyme ARARITA est inconnue antérieurement à ce texte.
Crowley était parfaitement à l'aise avec les jeux gématriques en hébreu, et il est assez remarquable que les nombres un-trois-huit y soient ehad-shalosh-shemone, de valeurs
אחד-שלש-שםנה = 13+630+395 = 1038,
permutation de (0)138 ou (0)813.
Par ailleurs, du fait des révélations qui lui étaient prodiguées, Crowley se proclamait "Maître du Temple", grade le plus élevé dans l'échelle de la Golden Dawn, s'écrivant 8°=3° (avec un petit carré à la place du second °). Je n'ai pas la moindre idée de ce que ça signifie, mais ceci pourrait avoir un rapport avec 8-1-3.

Ayant une certaine affection pour 813, j'ai été heureux de voir la bévue de Rivages/Noir associer ce nombre à Joseph Bialot, personnage extrêmement sympathique, rencontré en 2001 lors d'une manifestation 813, précisément.
J'apprécie aussi beaucoup ses livres, notamment sa tétralogie LOUP (publiée au Seuil en 1999-2001), bien que son héros Loup Fresnel ne semble en rien inspiré par Arsène LUPIN.
Bialot y a ajouté une conclusion avec une enquête sur l'assassinat de Loup dans La Ménagerie : Entre chien et loup, son premier titre publié par Rivages/Noir en 2007, n° 635, 186 numéros avant le n° 821 qui lui serait en principe attribué pour son roman suivant chez Guérif.
En 2009, Bialot a publié 186 marches vers les nuages chez Métailié.
Il est aussi à souligner que Bialot est le premier détenteur du "fauteuil n° 15" de 813, ce qui en fait le plus ancien adhérent. Le seul numéro antérieur toujours attribué à son premier détenteur est le 1, déclaré incessible après la mort de Michel Lebrun.

J'ai lu peu de Tito Topin, et vais peut-être m'y remettre après la constatation que son numéro 813, 679, additionné de la gématrie 134 d'ARSENE LUPIN que j'ai vue omniprésente chez Leblanc, mène au total fatidique :
679+134 = 813
Ce lien vers le Gématron permet de vérifier les principales relations gématriques abordées plus haut.

Je rappelle que j'ai consacré de nombreuses pages de ce blog aux citations de 813 dans les films de Truffaut, répertoriées ici, n'ayant a priori à voir ni avec la 'pataphysique ni avec l'association 813.

En écrivant ceci ce 13 mai, j'écoutais d'une oreille les infos de 13 h à France-Inter. Ensuite vint l'émission La marche de l'histoire, consacrée à Belphégor, et l'invité venu en parler était Jacques Baudou, l'un des fondateurs pataphysiciens de l'Oulipopo et de 813.

PS du 5 octobre : je ne vois pas d'immédiat rapport avec le numéro 821 de Rivages/Noir devenu 813, mais il existe une autre bizarrerie 813-821 qu'un récent passage à la BPI de Beaubourg m'a remémorée.
Dans la classification décimale Dewey, le premier chiffre 8 correspond à la littérature, le second chiffre aux langues, et cet Américain a choisi le number one pour la littérature américaine. Dans la sous-catégorie suivante, 3 correspond à la fiction, et j'ai ainsi depuis longtemps remarqué sur des livres américains en VO que leur classification Dewey débutait par 813, ceci encore récemment en consultant Only Revolutions, de Mark Z. Danielewski, à l'occasion de l'écriture de Naccipolis sur Quaternité. Sa classification Dewey est 813/.54 22.
Cette classification est utilisée par la plupart des bibliothèques, mais la BPI en emploie une variante, la CDU (Classification décimale universelle) où la littérature américaine est cotée 821, ainsi la cote de Only Revolutions est-elleD'autres bibliothèques (universitaires notamment) utilisent la même classification, mais elle est en régression au profit de la CDD (Dewey) et les auteurs américains aujourd'hui cotés 821 pourraient être cotés prochainement 813 (comme dans les médiathèques publiques par exemple).

Tout ce que je vois à ajouter est que Rivages/Noir a d'abord publié essentiellement des romans américains (85% parmi les 100 premiers titres), dont la proportion a progressivement décru (moins de 50% pour les 100 derniers titres). Je m'émerveillais plus haut que les deux numéros 813 aient échu à des auteurs français, membres de 813, mais il aurait été peut-être plus frappant que le 821/813 ait échu à un roman américain, situé à la cote 813 ou 821 selon les bibliothèques.

PS du 7 décembre : Je pensais qu'Aleister Crowley était le créateur de la formule ARARITA, mais elle est bien plus ancienne et déjà mentionnée dans la Philosophie occulte d'Agrippa (1531), lequel l'a empruntée à des sources hébraïques antérieures.
Il semble en revanche acquis que ce soit Crowley qui en ait détourné le sens vers l'idée de permutation, et qui l'ait rendue synonyme de sa valeur numérique 813.
En France, Eliphas Lévi mentionne la formule dans Dogme et Rituel de la haute Magie (1854), critiqué par La Revue philosophique et religieuse en 1855, où je note ce commentaire, dont je ne sais s'il exprime la pensée de Lévi ou celle de son critique A. Vaillant:
C'est pourquoi les cabalistes hébreux le nomment et le nombrent par les sept lettres du mot ararita, ou comme dirait le caldéen, ararati, c'est-à-dire alta nox, haute nuit, nuit étoilée dont les sept astres du pôle sont, au septentrion qui les nomme, l'alta ratio, la haute raison de la lumière du jour (...)
Je remarque donc ararita devenant son anagramme ararati, et sa relation aux sept astres du pôle, soit à la Petite Ourse. Un autre roman de Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, est fondé sur une énigme septénaire, dont la solution sera la Grande Ourse.
Je remarque encore la relation à la lumière, alors qu'il est assez connu, notamment de Crowley, que le 3e verset de la Genèse, Dieu dit "Que la lumière soit !", et la lumière fut., a pour valeur 813.

mercredi 23 juin 2010

le pommadé dévoilé

Il est plutôt nécessaire d'avoir lu le billet précédent avant d'aborder celui-ci, qui en prolonge quelques points et aborde ensuite ses oublis.

Je dois aborder d'emblée un point extrêmement complexe, dont la suite dépend quelque peu. Il a été vu que Perec comme l'auteur du Grand Parchemin ont utilisé la polygraphie du cavalier, en prenant pour point d'origine la case 6,6 selon leurs notations respectives.
Perec a gardé le secret sur les motifs qui l'avaient fait débuter par cette case 6,6, à laquelle un domino double-six sur un porte-clé fait allusion; de semblables jalons apparaissent dans chaque chapitre, permettant de baliser la progression du cavalier dans l'immeuble découpé verticalement en 10 niveaux (avec curieusement une notation inversée, de 1 pour le dernier étage à 10, noté 0, pour les caves), et horizontalement en 10 lieux (essentiellement des pièces, mais aussi des paliers, par exemple).
10 x 10 = 100, mais Perec a choisi de perturber son système en oubliant une case dans le parcours du cavalier, celle correspondant au coin inférieur gauche de l'immeuble. Il se trouve que ses coordonnées sont 0,1 et qu'il s'agit de la 66e position du cavalier, ainsi ces deux cases correspondant à des choix sont donc le chapitre 1 de coordonnée(s) 66 et le chapitre 66 de coordonnée 1.
Si les solutions de la polygraphie du cavalier sont connues pour un échiquier normal, Perec a dû trouver lui-même une solution pour un échiquier de 10 x 10 :
J'y suis parvenu par tâtonnements, d'une manière plutôt miraculeuse.
Il est probable qu'il ait commencé par la case finale, le chapitre 100 (en fait 99 puisqu'un chapitre n'a pas été écrit) de coordonnées 6,1, le bureau où Bartlebooth meurt, au bout de son appartement. On sait au moins que Perec a trouvé plusieurs parcours, et qu'il a choisi celui permettant de commencer sur le palier de Bartlebooth.
Peut-être fait-il aussi partiemerci et chapeau bas du miracle d'avoir eu ce coin 0,1 en position 66, à partir d'un départ en 6,6, et est-ce la décision du second choix de Perec pour "l'erreur dans le système", principe de base oulipien, quoi qu'il en soit il résulte de ces choix que ces trois chapitres spéciaux, premier, dernier et inexistant, correspondent à 3 des 4 sommets d'un rectangle dans le carré de l'immeuble; j'en ai matérialisé deux côtés par deux lignes rouges continues ci-dessus, les deux autres par des lignes discontinues, reliant l'autre coin, de coordonnées 0,6.

Il se passe quelque chose de curieusement similaire pour le Grand Parchemin, où il y a aussi des "erreurs dans le système". Je rappelle que son décryptage passe par 4 étapes :
- extraction des 128 lettres du code, en deux séries de 64 encadrant la formule en clair AD GENESARETH; ces lettres sont insérées régulièrement toutes les 6 lettres dans une recension latine de Jean 12,1-11, parfois quelque peu malmenée;.
- application successive de deux clés de Vigenère, l'une de 128 lettres correspondant à l'épitaphe de la stèle + PS PRAECUM, l'autre de 8 lettres, MORTEPEE, les lettres bizarres de la stèle;
- disposition des deux séries de 64 lettres sur deux échiquiers, et lecture selon la polygraphie du cavalier, en l'occurrence le premier parcours fermé découvert par Euler; la case de départ du premier échiquier est 6,6, le parcours du second échiquier est le reflet du premier (miré dans le lac de Génésareth ?), débutant donc en 3,6.

Dans son analyse détaillée de l'élaboration du "parchemin", Mariano Tomatis note de nombreuses erreurs dans la recopie du texte latin original, certaines omissions pouvant être volontaires, pour parvenir à un total de 846 lettres apte à recevoir les 140 lettres additionnelles. Plus curieusement, il y a trois erreurs dans les lettres du code, difficilement imputables à des confusions puisque ce sont les lettres OHX qui ont remplacé les lettres EFT, pas vraiment ressemblantes, surtout dans l'onciale employée pour le parchemin. Dans les décodages proposés par Cherisey dans Circuit comme dans Pierre et Papier, les erreurs sont présentes, mais conduisent sans explication à la fameuse formule :
BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J’ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES
alors que le déchiffrage réel du code mènerait à
BERGETE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF SAX DCLXHXI PAR LA CROIX (...)
qui n'est plus l'anagramme de l'épitaphe. Le décryptage habituel ne repose donc sur aucun document connu, vrai ou faux.
Philippe Duquesnois a vu que les "erreurs dans le système" ne semblaient pas quelconques. Les deux premières erreurs sont consécutives, et encadrent le premier mot de 6 lettres du texte source réalisant cette possibilité.
Avec un petit coup de pouce du copiste, qui a une fois inséré une lettre de code après un saut de 7 lettres, au lieu de 6, dans le texte source de Jean 12. Ce mot MARTHA est souligné ci-dessus en rouge sur la ligne du bas correspondant à la source, les lettres additionnelles du parchemin OH (au lieu de EF) sont soulignées en bleu sur la ligne du dessus, la ligne intermédiaire étant sa transcription (empruntée à l'étude de Mariano).
Il n'existe ensuite qu'un seul autre mot de 6 lettres avant lequel est insérée une lettre, au prix d'une légère modification du texte source, dont un mot de deux lettres a été omis. La 62e lettre insérée, X (au lieu de T) vient juste avant le mot de 6 lettres VENIIT, mais ici le copiste a rassemblé les deux I de ce mot en un seul glyphe, si bien qu'il vient une autre lettre du texte source, T, avant la lettre du code suivante, G, correcte.
Ainsi les erreurs bornent les seuls mots de 6 lettres du texte actualisant une rare possibilité, avec une curieuse circonstance, le second mot de 6 lettres n'en est plus un de par l'intervention du copiste... Le premier cas, donnant deux lettres sur une rangée du premier carré (ici XR après les prétendus décodages Vigenère, alors qu'on devrait avoir HT), peut désigner cette rangée 6, et l'autre lettre, isolée (P au lieu de S), indiquerait alors l'autre coordonnée, la colonne 6, et donc une seule case, la 6,6 point de départ du cavalier.
Cette équerre s'inscrit dans un rectangle de 6x5 cases, comme l'équerre dessinée par les chapitres spéciaux de VME, correspondant aux cases 6,6-0,1-6,1 (ci-contre dans une version simplifiée au seul parcours du cavalier) . Dans le Parchemin nous avons, toujours dans l'ordre de la polygraphie, les cases 6,6-6,3-1,6-(6,2).
Si Perec usait du qualificatif "miraculeux", que dire ici où, à partir d'un texte découpé en tranches de 6 lettres, deux mots de 6 lettres permettent presque naturellement de pointer la case 6,6 ? Presque, puisque la manipulation sur VENIIT en fait en cours de route un mot de 5 lettres, alors qu'une 4e lettre fausse aurait interdit cette désignation.
Il semble impossible de favoriser une hypothèse, tant le hasard semble avoir aidé les concepteurs. Comme j'avais avancé dans le dernier billet que la Chevalerie de Sion avait pu suggérer le parcours du cavalier, et comme nous sommes en présence d'amateurs de calembours, je serais tenté par celui-ci :
VI (6) génère Vigenère.
Ni Plantard ni Cherisey ne semblent avoir fait de commentaires poussés sur le Six, pourtant présent par le Sceau de Salomon couvrant l'Hexagone en couverture de Circuit. Des choses fort curieuses apparaissent par ailleurs dans diverses spéculations de Plantard, qui notamment attribue la polygraphie du cavalier à Vigenère. Selon Chaumeil dans Le Testament du Prieuré de Sion, Plantard aurait donné le 6 juin 1964 une conférence à RLC sur la Polygraphie du Cavalier, en utilisant une variante immédiate du parcours fermé d'Euler. Si c'est invérifiable, on remarque la date, 6/6 comme la case 6,6, et l'année 64 comme le nombre de cases.
Plus assuré est un article en 1989 traitant du symbolisme des échecs dans Vaincre, publication du Prieuré de Sion, attribué à un certain Frère Norberto. Son discours fumeux ressemble à s'y méprendre à du Plantard, et à ce pseudo correspond un saint fêté le 6 juin, encore le 6/6...
Le diable soutenant le bénitier à l'entrée de l'église de Rennes-le-Château - © Johan Netchacovitch L'article est disponible ici, grâce à Mariano Tomatis. Il s'achève sur l'analyse de l'inscription au-dessus du bénitier de l'église de RLC, portée par un diable :
PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS
La formule commence et s'achève sur les lettres PS, et le LE inhabituel porte ses lettres à 22, nombre des arcanes du tarot (dixit Norberto). Le pavage en échiquier de l'église symboliserait le chemin spirituel de l'Initié du Prieuré de Sion, qui doit le parcourir en 3 groupes de 21 sauts du cavalier, de 1 à 22, de 22 à 43, de 43 à 64. Il peut ensuite revenir au 1, mais avec le choix entre les équerres passant par le 14, la Tempérance et le E de LE, ou le 15, le Diable et le V de VAINCRAS...
De ce fatras il peut venir que la case 6,6 selon la notation moderne de l'échiquier est aussi la 22e lettre du code, et que le Diable est concerné au premier chef.

Perec a déclaré dans l'entretien Ce qui stimule ma racontouze que l'écart du chapitre 66 avait quelque chose à voir avec le Diable, qui devait apparaître dans ce chapitre. Selon lui toujours, il serait bien connu que 6 est le nombre du Diable.
Les perecologues accueillent ces propos avec scepticisme : aucune contrainte du Cahier des Charges ne concerne le Diable. De fait il est question au chapitre 65 d'une femme qui sait faire apparaître le Diable à ceux qui peuvent y mettre le prix; c'est son amant qui joue le rôle, lequel recevra au pénitencier le matricule 1 758 064 176
qui est aussi le nombre des Diables de l'Enfer, puisqu'il y a 6 légions démoniaques comprenant chacune 66 cohortes comprenant chacune 666 compagnies comprenant chacune 6666 Diables.

Bien avant de m'intéresser au Grand Parchemin, j'avais développé diverses remarques sur VME, notamment sur mon site. J'avais ainsi vu Perec en père C, avec une allusion aux 6 protons et 6 neutrons de l'élément C (carbone), et une autre à Persée, sans avoir alors songé au cheval Pégase, modèle de l'adepte de Sion selon Norberto :
L'Initié de l'ORDRE doit faire le saut du Cavalier, comme Persée sur le cheval Pégase. Pégase étant né du corps mutilé de la Méduse à laquelle Persée a tranché la tête, ce dernier arrive en Ethiopie, origine de l'échiquier, où il délivre Andromède.

J'avais encore été frappé par certains thèmes récurrents dans VME, ne semblant pas relever des contraintes avouées, celui très net déjà évoqué du cheval, mais aussi par deux autres thèmes plus rares, et deux seulement, le Diable et la décapitation. Je crois ne l'avoir mentionné que sur la liste Perec, pour susciter d'éventuels rebonds, sans succès. Il se trouve que l'un des cas "Diable" concerne le chapitre 74, de coordonnées 0,6, celui qui complèterait le rectangle formé par le chapitre manquant et les premier et dernier chapitres. Une de ses curiosités est qu'il ne semble pas résoudre une contrainte que Perec s'est particulièrement attaché à respecter, la mention des coordonnées du lieu, sous la forme 6 ou 06.
Je me suis demandé s'il ne fallait pas la trouver dans les 6 phrases du chapitre, présentant une particularité : les 5 premières phrases sont plutôt normales, quoique sensiblement plus développées qu'un SMS, mais la 6e phrase est hors normes, s'étendant sur trois pages et 6 alinéas, à coup sûr la plus longue de VME, sinon de la littérature respectueuse d'un certain classicisme.
Dans ce chapitre 74 le narrateur Valène imagine des royaumes entiers sous l'immeuble du 11 rue Simon-Crubellier, descendant de plus en plus bas jusqu'au 6e alinéa de la 6e phrase qui semble bien décrire les Enfers :
et, tout en bas, un monde de cavernes aux parois couvertes de suie, un monde de cloaques et de bourbiers, un monde de larves et de bêtes, avec des êtres sans yeux traînant des carcasses d'animaux, et des monstres démoniaques à corps d'oiseau, de porc ou de poisson, (...)

Il est frappant que les trois chapitres existants formant les coins du rectangle (0,1)-(6,6) concernent les 3 protagonistes essentiels de l'histoire centrale de VME, Winckler, Valène et Bartlebooth.

J'espère développer bientôt sur mon site ce rapprochement entre les polygraphies VME et RLC, et je vais tenter de revenir à plus simple.
Enfin simple si on veut, car Perec a ajouté une couche de complexité à VME avec Un cabinet d'amateur, court roman où il a imaginé une histoire de faux tableaux, chacun issu d'un chapitre de VME. Il est probable que bien des subtilités concoctées par Perec seraient restées ignorées, sans la publication de ses travaux préparatoires.
Ainsi le tableau correspondant au chapitre 65 représente-t-il le Diable, et Perec a noté dans ses brouillons "Chapitre manquant", ce qui semble confirmer qu'il y avait bien pour lui une relation entre ce chapitre non écrit et le Diable. Bien que VME possède un chapitre 66, correspondant à la 67e position du cavalier, c'est dans le chapitre 65 que Perec a placé des allusions au chapitre omis, ce qui pourrait indiquer que ce n'était pas le nombre 66 en lui-même qui avait convoqué le Diable.

L'un des tableaux les plus riches en allusions est Les Ensorcelés du lac Ontario, correspondant au chapitre 3 décrivant la secte des Trois Hommes Libres, rappelant quelque peu le Prieuré de Sion. La secte d'origine japonaise est devenue ici américaine, fondée en mai 1891 par un employé de la Western Union, un tueur de boeufs et un agent d'assurances maritimes. Pourchassés, les sectaires préfèrèrent se jeter dans le lac que se rendre, dans la nuit du 13 au 14 novembre 1891.
C'est une curiosité de trouver l'année 1891, à partir de laquelle aurait débuté l'affaire RLC, avec le pilier Mission 1891 érigé quelques années plus tard par l'abbé Saunière. La date apparaît à une autre occasion dans Un cabinet d'amateur, à propos d'un tableau perdu de Poussin qui aurait été retrouvé cette année-là (dans la remise d'un loueur de fiacres berlinois !), or, selon la belle histoire du Trésor maudit, le Et in Arcadia ego de Poussin aurait été un indice essentiel pour Saunière.
On sait que Saunière a vandalisé un "pilier wisigoth" pour honorer cette date, le pilier original étant aujourd'hui conservé au musée de RLC, rétabli dans son orientation première si bien que l'inscription de Saunière est devenue 1681 NOISSIW... La date 1681 apparaît pour le tableau correspondant au chapitre 42, de coordonnées 6,7 correspondant à l'autre palier du 3e étage, à côté du 6,6 du chapitre 1. Le tableau mentionné juste avant est Les cavaliers arabes, de Delacroix, correspondant au chapitre 2, au premier mouvement du cavalier donc... Selon la belle histoire RLC, la croix du message "Par la croix et ce cheval de Dieu" désignerait Delacroix, et son Héliodore chassé du temple à St-Sulpice (cité par Plantard et Cherisey).
Quel est le tableau correspondant au chapitre 1 ? Une Visitation, attribuée à Andrea Solario, et les notes personnelles de Perec montrent qu'il a joué avec la "visite" par une agente immobilière de l'appartement du défunt Gaspard Winckler (grâce à la clé portée par un domino double-six). Ce jeu pourrait être gratuit et sans rapport avec ses intentions en écrivant VME, mais la visite de l'agente se passe comme tous les chapitres de VME le soir du 23 juin 1975, alors que la nuit de la Saint-Jean va bientôt tomber : la Visitation, c'est la visite de la Vierge Marie (appelée Fille de Sion) à Elizabeth, enceinte de Jean-Baptiste.
Ainsi les 3 premiers chapitres de VME sont transformés en une "Visite à Sion" (6,6) menant, via des Cavaliers de Delacroix (7,8), aux 78 Ensorcelés du Lac Ontario (6,0), ressemblant fort aux Initiés de Sion... Le cavalier arabe, présent dans le chapitre de VME par un emprunt à Borges, pourrait faire allusion à l'écriture arabe, inversée par rapport à la nôtre : Perec restitue probablement dans VME le rebours d'un parcours du cavalier conçu à partir du chapitre final, de même que Plantard-Norberto a inversé le parcours original d'Euler.
Les Ensorcelés du lac Ontario est un titre emprunté à Roussel (Impressions d'Afrique), bien que les contraintes liées à Roussel ne concernent pas le chapitre 3. Curieusement le sujet du tableau établit un lien inédit avec le chapitre 87, où abondent des allusions hors programme à Roussel, notamment un tableau de L.N. Montalescot, tiré des personnages Louise et Norbert Montalescot d'Impressions d'Afrique. Il y a donc un Norbert (fêté le 6/6) caché dans cette première pièce de l'appartement de Bartlebooth (6,7), contiguë au palier (6,6) où débute VME.

Je ne me sens guère à l'aise pour explorer plus avant Un cabinet d'amateur, étant quasi ignare en matière de peinture. Je vais cependant dire quelques mots du tableau correspondant au chapitre 89, point de départ du dernier billet avec sa Célestine Durand-Taillefer à Liège. En commençant ce billet, j'avais l'intention d'y insister sur la date de la mort de Cherisey, le 17 juillet 1985, remarquable pour ce fanatique du méridien zéro, car son ami Plantard assimilait l'axe 17 janvier-17 juillet dans le cercle de l'année à ce méridien.
Je choisis souvent les dates de publication de mes billets, ainsi que leurs heures, en fonction de leur contenu. Le 17 revenant doublement dans la vie d'Alexis, le saint du 17 juillet, j'ai commencé mon message le 17/6, ce que j'ai voulu surdéterminer par l'heure, 17:06, mais j'avais oublié que je postais sur Blogruz, basé sur le méridien de la Californie, avec 9 heures de décalage, si bien que l'heure indiquée à la fin du billet est 08:06.
L'écriture du billet m'a mené à tant de développements que j'ai omis cette mention, et voici qu'après avoir fini le billet j'ai songé au Cabinet d'amateur, et découvert que Perec avait retenu un infime détail de ce chapitre pour imaginer le tableau L'arrivée de Charles Wilkes à San Francisco le 17 juin 1842. Un 17 juin ! et en Californie !
Les nouvelles perspectives offertes étaient si riches que je me suis senti obligé d'en rendre compte ici, au matin du 24 juin. Songeant à une date propice pour un nouveau billet, j'ai regretté que le 23 juin soit passé, la date de VME, et puis je me suis avisé qu'avec le décalage horaire il était bien possible que la Californie fût toujours au 23/06, et j'ai aussitôt débuté un billet, sans prendre garde à l'heure.
Je me suis aperçu ensuite que l'heure enregistrée était 23:06, qui sera donc l'adresse de publication de ce message du 23/06.

Deux remarques d'une extrême pertinence de dp sur le dernier billet :
1 - Dans Durand-Taillefer, Durand peut faire allusion à Durandal, la plus fameuse des épées françaises. Taillefer peut se découper en fer, autre nom de l'épée (croiser le fer), et en taille, le côté tranchant de l'épée (frappes d'estoc et de taille).
L'épée est un mot clé de l'affaire RLC, avec le code MORTEPEE, et symbolisait pour Cherisey le méridien 0 dans Circuit, dont le chapitre 13, intitulé La MORT (d'après l'arcane 13 du tarot), invite à une promenade le long de la Rose Ligne.
Durandal est actuellement fichée dans le mur d'une église de Rocamadour, soit à une quinzaine de kms de Taillefer-Carennac, le fief du dernier survivant du Prieuré de Sion, Chaumeil, confident de Cherisey.

2 - A propos du fondeur Rondeau de Carennac, précisément, dp remarque que ses dates (1493-1543) sont fort proches de celles de Paracelse, 1493-1541, par ailleurs données dans l'index de VME. Je rappelle que Perec a signé Gargas Parac son What a man !, ainsi Parac-else pourrait être considéré comme un autre (else) Perec, alors que ce passage de VME est analysé par Bertelli comme un obituaire aux Perec disparus.
D'autres faux personnages de VME reçoivent dans l'index des dates évoquant leur source, ainsi LN Montalescot a les mêmes dates que Roussel, 1877-1933.

Le titre de ce billet, le pommadé dévoilé, est une anagramme de La Vie mode d'emploi. Ce "pommadé" pourrait être le Christ, en pensant à l'allemand Salbe, "pommade", Gesalbte, "Christ". Si le Diable se cache entre les pages de VME, pourquoi pas Dieu aussi ? Je me souviens d'une exégèse perecquienne allant dans ce sens.
J'y vois aussi un parallèle avec les mystérieuses pommes bleues du Parchemin. En utilisant la catégorisation particulière de VME, il y a moyen d'affiner le parallèle (je suis daltonien) :
La Vie mode d'emploi - Romans =
A midi, pomme de vallon rose


Note du 15 septembre 10 : mon amie plasticienne Marylin m'a signalé que mon anagramme Le pommadé dévoilé était fausse, un "i" y est devenu un "e" (mais l'anagramme ci-dessus est juste).
C'est finalement plutôt amusant, en pensant aux erreurs du Parchemin.
Marylin m'a fait l'honneur de variations sur ce thème, visible sur son site (qui nécessite Firefox), dont celle-ci :